Ni les Conventionnels, ni Bonaparte, n’encourageaient l’enrôlement des femmes dans les bataillons. On était porté à confondre ces braves soldates, avec les troupeaux de filles qui de tous temps avaient encombré les camps; et que les chefs d’armée, soucieux de la santé de leurs troupes ordonnaient parfois de jeter dans la rivière. En 1760 le maréchal de Broglie leur faisait noircir le visage avec une drogue qui les marquait pour six mois. C’était un moyen préférable au fouet qui, disait le maréchal, ne les empêche pas de revenir.

Bonaparte eut recours au même système, il ordonna de passer au noir les femmes qui venaient sans autorisation à l’armée.

En 1870, une institutrice, Mlle Lix fit brillamment la campagne des Vosges.

D’autre part, Livingstone nous rapporte en le récit de ses voyages, que dans le petit royaume de Bantam (Ile de Java) les capitaines et les soldats sont des femmes.

L’Amérique méridionale a le fleuve des Amazones, parce que sur les rives de ce cours d’eau des femmes combattirent.

En 1865, Lopez, pour lutter contre le Brésil, enrôla les Paraguayennes, elles se battirent si vaillamment, et se firent tuer avec tant de courage, qu’après la paix signée il n’y avait plus au Paraguay que des hommes.

Au Dahomey, l’armée permanente formée des femmes repoussa souvent nos troupes; et, pour conquérir ce pays à la France, nos soldats durent en 1892 énergiquement lutter contre les intrépides amazones dont ils admiraient la bravoure.

Les femmes ont un peu partout suffisamment prouvé qu’elles étaient aptes à porter les armes, et qu’elles pourraient être avantageusement utilisées par le département de la guerre.

Avec les femmes «riz—pain—sel» nos soldats qui souvent souffrent et meurent surtout des privations endurées, seraient certains d’être toujours réconfortés, sustentés, car ils seraient l’objet de la sollicitude de celles qui sachant seules ce qu’un homme coûte à faire, comprennent réellement seules l’importance qu’il y a à le conserver.

Les femmes pourraient augmenter l’effectif de l’armée en prenant dans l’administration et l’intendance la place des hommes qui ont été distraits des bataillons.