C’est la première fois, au Moyen Age, que le droit politique est exprimé avec cette netteté.
Les femmes apportent plus que les hommes dans les caisses de l’Etat puisqu’elles sont en ce pays la majorité.
Il y a en France un million de femmes de plus que d’hommes, cependant, le sexe masculin minorité en la nation gouverne seul et étant maître absolu, s’attribue tous les bénéfices sociaux.
Les Françaises spoliées et exploitées, auraient un bon moyen pour forcer les hommes dictateurs à entrer en accommodement avec elles, ce serait de refuser en masse l’impôt.
Dans tous les temps et en tous les pays, le refus de l’impôt a toujours été le grand levier des opprimés:
En Angleterre, le patriote John Hampden qui sous Charles Ier refusa l’impôt, à ce despote, fut incarcéré, plaida, replaida et finit par provoquer un mouvement qui se termina par la défaite de Charles Ier dont la tête roula sur l’échafaud.
Sous Louis XIV des provinces s’insurgèrent contre les intendants financiers, elles refusèrent les redevances; mais le faste royal nécessitait trop d’or pour que l’on n’écrasât pas sous le pressoir du fisc les rebelles. Les intendants furent investis du droit de vie et de mort sur les contribuables récalcitrants.
En 1787, la Bretagne et la Normandie, après avoir vainement réclamé contre les vexations et les corvées, ne trouvèrent pas de moyens plus pratiques pour faire cesser l’oppression, que de couper les vivres aux oppresseurs; elles se liguèrent pour refuser l’impôt.
L’exemple donné par ces deux grandes provinces à une époque où la situation financière était si difficile, décida la réunion des états généraux et hâta par conséquent la révolution.
M. de Genoude légitimiste refusa l’impôt à Louis Philippe. On vendit ses meubles.