Aux étrangers qui menacent leur sécurité, qui enlèvent, avec le travail, le pain quotidien, les français ne doivent que des angoisses et de la pauvreté. Cependant, ce n’est pas aux femmes, qui se feraient leurs auxiliaires pour assurer leur bonheur, c’est aux étrangers qu’ils donnent le bulletin de vote qui leur facilitera de prendre leur territoire après avoir pris leur gain.

Est-ce logique: que les étrangers qui trouvent avantageux d’adopter, provisoirement, la France pour patrie, la gouvernent, alors que les femmes sorties des entrailles nationales n’ont le droit d’y décider de rien?

Ceux qui crient: «La France aux Français», aiment mieux que la France soit aux étrangers qu’aux Françaises.

Au lieu d’élever la France, en faisant de cette patrie des hommes, la patrie des hommes et des femmes, en centuplant par la coopération de tous ses habitants, la puissance d’irradiation du pays, flambeau de l’humanité; ceux qui se qualifient patriotes, souffrent que la France soit rapetissée par l’annulement de plus de la moitié de ses enfants. Ils tolèrent que la patrie soit dépouillée du concours moral et intellectuel des vingt millions de femmes. La France amputée des femmes, n’est qu’une demi-France, tandis que la France où les femmes voteraient et légiféreraient conjointement avec les hommes, serait une France et demie.

Quand augmentera-t-on notre patrie, en cessant d’en faire un clan restreint au sexe masculin de l’univers?

XIV
Sentiments et systèmes. L’âge et le sexe

Les féministes victorieuses des autres pays, qui ont mis ou qui veulent mettre la main au gouvernail, font des sentiments et des systèmes, une question secondaire. En France au contraire, des revendicatrices prônent leur conception personnelle de l’amour et de la politique. Cette manière d’agir qui divise les femmes, retarde chez nous le triomphe du féminisme.

Les Françaises seraient bien plus libres qu’elles ne sont, si elles n’avaient pas pour but unique dans la vie l’éphémère amour! Elles s’épargneraient souvent d’être dupes de l’homme, si, avant que de lui faire le don d’elles-mêmes, elles s’efforçaient de le connaître. Malheureusement bien des femmes qui ne prêteraient pas vingt francs sans savoir si leur emprunteur est probe, se donnent tout entières avant de s’informer de ce que vaut la moralité de leur amoureux.

Il serait puéril d’exiger que les hommes accomplissent des devoirs dont la loi les dispense. Selon qu’elle est bien ou mal faite, la loi moralise on démoralise l’individu.

Ne vous attendez pas à voir régner la vraie république dans l’Etat tant que la monarchie subsistera légale au foyer.