C’est parce qu’elle est annulée en politique, qu’elle n’est que par sa beauté une valeur sociale, que la femme âgée est annihilée.

Avec la fonction de reproductrice finit le rôle de la femme, c’est-à-dire, au moment précis où le rôle de l’homme ne fait que commencer.

L’homme vieux a la valeur de son mérite. Il il bénéficie du savoir acquis, de l’expérience faite. Il doit à son âge souvent de hautes situations pécuniaires et honorifiques, tandis que la femme vieille, donc plus décorative, fût-elle épouse et mère, est isolée en la famille, congédiée par la société.

Elle n’était là que pour l’ornement et qu’à titre de productrice d’enfants. N’en mettant plus au monde et ayant cessé d’être belle, elle ne compte plus, c’est une morte vivante!

Ce ne sera qu’en élargissant son existence par la conquête des prérogatives politiques de l’homme, que la femme pourra faire apprécier, en même temps que sa fugitive beauté physique, sa durable valeur comme intellectuelle et cesser de seulement compter comme un animal pour exister en être humain.

XV
La besogne ménagère

Travail domestique rétribué

Lentement, mais sûrement, le féminisme progresse. Lorsque nous avions au congrès de Marseille[18], demandé que le travail ménager soit rémunéré, que la mère allaitant ses enfants, que la femme cuisinant, raccommodant, mettant tout en ordre dans la maison, puisse prétendre à l’indépendance économique, notre proposition avait été jugée si hardie qu’on l’avait qualifiée d’inconvenante et même d’immorale.

Pour certains membres de ce congrès, ne plus vouloir que la femme soit corvéable c’était, paraît-il, sous prétexte d’indépendance et de dignité féminine, inciter la femme à haïr son mari, pousser l’homme à considérer sa compagne comme une étrangère, à la payer comme une prostituée.

Eh bien, ce qui épouvantait hier, semble aujourd’hui rationnel. Le congrès de la ligue de l’enseignement qui s’est tenu récemment à Amiens[19], a, en effet, sans qu’il s’éleva de protestations, adopté le vœu ci-dessous: