Un américain millionnaire ne se croit pas déchu, en redevenant cireur de bottines; voilà pourquoi il remonte si vite au premier échelon social. Il n’y a guère en France que les juifs qui en tombant de très haut, se retrouvent sur leurs pieds comme les énergiques Américains.
En conjurant les législateurs de supprimer l’esclavage de la femme qui entrave la liberté de l’homme, nous supplions les institutrices et les mères de donner aux Françaises la trempe morale qui les fera libres, parce que décidées à ne reculer devant aucune besogne, parce que aptes à élever, en les accomplissant, tous les travaux.
Les jeunes filles instruites, bien élevées, qui n’ont pas le moyen d’avoir de domestiques ne s’abaissent pas, en se livrant aux soins du ménage, puisque leur entente de ces occupations leur donne une valeur nuptialitaire.
Nous connaissons dans différents milieux, des jeunes gens instruits, distingués, qui, relativement à la dot, ne seront pas exigeants. Seulement ils veulent trouver chez la compagne de leur vie, du savoir-faire; l’aptitude à organiser de ses propres mains le bien-être, chez soi.
Ces futurs époux disent: «Nous nous dévouerons avec joie à gagner entièrement la vie commune, mais à la condition que, pendant que nous travaillerons, notre compagne ne demeurera pas immobile, en proie aux dangereuses suggestions de l’oisiveté.»
La femme n’est plus une charge quand elle devient une aide, et l’union dans l’effort ne saurait déplaire aux jeunes filles fières.
Les jeunes hommes avisés, qui en place d’une dot, demandent à leur épouse de savoir se servir elle-même, sont inconsciemment des émancipateurs. Ils forceront mieux que quiconque les jeunes filles à s’affranchir des besoins fictifs que les préjugés leur ont inculqués et ainsi à se faire libres, avant de voir décréter leur liberté.
Plus la femme s’évertuera à ne compter que sur elle-même et s’ingéniera à se passer de l’homme, plus elle sera en condition d’être recherchée par lui, dans tous les pays parmi toutes les races.
1er mai des Femmes
Quand l’employeur, qui a plus intérêt à rémunérer la besogne accomplie que les heures de présence au chantier, aura diminué la durée du labeur quotidien réclamée par les travailleurs des Deux-Mondes[20], quand l’homme—aristocrate dans l’humanité—sortira à quatre heures de l’atelier, il pourra, à son gré, se croiser les bras ou se promener comme un bourgeois, canne à la main. Alors que la femme ouvrière devra toujours, quelle que soit l’heure à laquelle finisse la journée, entreprendre un travail encore plus pénible que celui qu’elle vient d’accomplir: balayages, nettoyages, approvisionnements, cuisinages, lavages, raccommodages, repassages, soins aux enfants etc., etc.