Qu’est-ce donc qui pourrait mieux qu’une communauté de pouvoir amener entre les époux la concorde, l’union de l’esprit? Union autrement solide, celle-ci, que l’union du cœur!

Qu’est-ce qui pourrait mieux qu’une communauté de pouvoir, amener chez les époux une communion de goûts, d’idées, d’aspirations, une communion de vie intellectuelle?

Aujourd’hui, quand l’union si éphémère du cœur cesse d’exister, un abîme se creuse entre les époux parce qu’ils n’ont pas un seul point de ralliement. Aucun but moral, aucun intérêt élevé ne les réunit. Et dans ces ménages où l’on ne cause, certes, ni de politique ni de sociologie, les enfants sont le plus souvent abandonnés.

Tandis qu’avec cette chose rationnelle, la vie publique ouverte aux femmes, la vie publique commune pour les époux, comme est commune la vie privée, le niveau moral intellectuel s’élèverait bientôt dans chaque ménage.

L’obligation pour les femmes de s’occuper de choses sérieuses qui intéressent les hommes, établirait au grand profit de l’harmonie conjugale entre maris et femmes, une émulation salutaire pour le progrès.

Les intérêts de la société, avant d’être discutés et rendus publics, seraient d’abord discutés et résolus en famille. L’enfant témoin de ces saines préoccupations grandirait heureux. Sa précoce initiation à la vie civique aurait la puissance de l’éloigner des atmosphères vicieuses.

Donc, à ce triple point de vue, le bonheur de l’homme, l’intérêt de l’enfant, l’harmonie de la famille, il est urgent que la femme, que la mère, exerce au plus tôt ses droits civiques.

Les Français souverains ne font encore que jouer au progrès. Ils ont badigeonné une façade de république, mais ils n’ont point la virilité nécessaire pour accomplir les transformations fondamentales en changeant la condition de celle qui donne aux mâles et femelles de la nation les muscles et la moëlle. Cependant, si les milieux influent sur les individus, combien plus exercent sur eux, d’action, les molécules d’où ils tirent leur origine.

«Dis-moi d’où tu sors, je te dirai qui tu es!...»

Les Français, qui tous, sortent de serves, ne peuvent pas être naturellement indépendants. L’absence de caractère, la veulerie ne se surmonteront que quand les humains naîtront de mères libres.