La maternité cessera de terrifier les Françaises quand, au lieu de les déshonorer et de les réduire au dénûment, elle les fera considérer et indemniser comme d’indispensables fonctionnaires.
On se procurera l’argent nécessaire pour rétribuer la maternité en établissant l’impôt paternel que les hommes auront avantage à payer pour s’épargner des coups de revolver, des brûlures de vitriol et se garantir des procès en recherche de paternité, suivis souvent de procès en divorce.
Il suffit de mettre dans la loi cet article: «A partir de 16 ans tout Français paie l’impôt paternel pour indemniser les mères sans ressources et assurer l’existence des enfants.»
XVIII
L’enfant doit-il porter le nom de la Mère? Matriarcat
Tous ceux qui ont séjourné en Algérie dans les oasis, ont pu voir au printemps des Arabes grimper au faîte de hauts palmiers femelles, pour répandre au-dessus de leur tête du pollen de palmiers mâles. Les fruits du dattier femelle ainsi fécondé, lui appartiennent en propre. Ne devrait-il pas en être ainsi des fruits humains? Pourquoi la femme qui a modelé dans ses flancs et moralement formé l’enfant, peut-elle moins bien le classer socialement que l’homme fécondateur?
Ce ne sera plus en étalant devant les tribunaux une faiblesse, point générale chez son sexe, en exhalant des plaintes au théâtre contre l’homme auteur de son déshonneur, que la mère naturelle parviendra à se faire honorer. C’est en revendiquant virilement la responsabilité de son acte, c’est en demandant d’être, par une rétribution équitable, mise à même d’exercer cette fonction sociale: la maternité.
L’élémentaire justice, faisant proposer de donner un père à l’enfant naturel, qui paraît avantageux pour la femme, règle en réalité à son détriment une situation, en augmentant l’autorité de l’homme.
La mère élevée par son enfant au rang de chef de famille, a une autre situation morale que l’esclave qui reconnaît son indignité, en demandant le patronage de l’homme qui se dérobe.
—Que veut le féminisme?
—Diviser l’autorité familiale et sociale.