«Oh! alors la justice s’empare d’elle et les hommes, les pères, la condamnent pour ce crime dont elle n’est pas responsable.

«Quel est donc le coupable dans cette affaire?

«Est-ce la femme? Non, n’est-ce pas?

«Est-ce l’homme? Pas davantage.

«Le coupable c’est le législateur qui, pour conserver son passeport de séducteur, aime mieux conserver l’infanticide, plutôt que de laisser rechercher la paternité.

«C’est à juste titre qu’un philosophe a dit qu’il fallait attribuer quotidiennement, à chaque député, la mort de cent enfants nés ou à naître!

«Moi je le déclare en outre, coupable de la mort ou de l’empoisonnement moral de toutes les filles-mères.

«La situation de la femme mariée n’est pas beaucoup plus enviable.

«Si intelligente qu’elle soit, épousât-elle un idiot. Dès qu’elle a passé sous les fourches caudines du mariage, elle se trouve sous la tutelle de son mari.

«D’après la loi elle doit obéissance à son mari et se trouve obligée d’habiter avec lui partout où il plaira à son seigneur et maître.