—Parce que les mères ne sont point dans les conditions voulues pour pouvoir mettre au monde des enfants normaux.
En indemnisant la maternité, on réduirait le nombre des dégénérés qui absorbent le budget de l’Assistance.
Mais, comment faire comprendre aux pouvoirs publics, en lesquels le seul sexe masculin est représenté, que la suppression des privations maternelles relèverait la race, et qu’il y aurait encore plus d’avantages à obtenir de beaux et robustes humains que de jolis poulains?
La législation élaborée sans le concours des femmes s’abstient de tenir compte des intérêts féminins.
C’est parce qu’elles sont tenues en dehors du droit commun, que les femmes ne bénéficient pas des avantages sociaux.
Eliminées des emplois et du bon travail, les Françaises sont, en toutes occasions, frustrées.
XXIII
La société n’assure pas l’existence de sa perpétuatrice
On ne peut obtenir l’accroissement de la population, pendant que la plus appauvrissante de toutes les productions, est la production des humains, qui précipite d’autant plus les femmes dans l’extrême misère, qu’elles enfantent davantage.
Chose curieuse, notre société, si cruelle, si ingrate, à l’égard des productrices d’enfants, a pour les hommes des excès de générosité. Elle se croit quitte envers la mère, qui lui a gratuitement confectionné et bien élevé six ou huit robustes Français. Pourtant, elle pense avoir contracté une dette envers les élus des Assemblées législatives, administratives et tous les employés grassement payés. De sorte que, quand des députés, des conseillers ne sont point réélus et que des fonctionnaires inhabiles sont déplacés, elle s’empresse de leur donner une compensation.
Si la productrice d’enfants qui perd avec son mari, tout moyen d’existence, ne reçoit pas comme les congédiés de la politique et de l’administration de dédommagements, c’est parce que son sexe ne participe, ni à la répartition des deniers publics, ni à la distribution des emplois et des décorations—Et, tant qu’elles seront exclues des assemblées législatives, les femmes n’auront rien et elles ne pourront rien demander.