Elle dépeint la situation fausse et pénible que les droits civiques, que possède l’homme, et qui sont refusés à la femme font à celle-ci. Elle réclame pour son sexe les droits politiques afin de le soustraire à l’arbitraire de l’homme. Elle adjure les électeurs de défendre les droits politiques de la femme et de les inscrire dans leurs programmes électoraux:

«Le jour où cette œuvre sera accomplie sera celui de la justice et de l’égalité.»

Elle veut autant d’écoles, autant de science pour les filles que pour les garçons et autant de droits politiques.


En mai 1884, à Bruxelles, elle intéresse très habilement les Belges à la question féministe en mettant en cause l’intérêt national:

«Belges, vous tremblez pour votre sécurité, vous redoutez l’annexion; utilisez tous les éléments d’énergie qui sont en vous, associez les femmes à votre action et vous pourrez tenir tête à vos voisins. Faites intervenir cette toute puissante, la femme, dans vos affaires et votre petit royaume deviendra inexpugnable.

«Chacun de vous a pu remarquer qu’en général les femmes étaient plus aptes que les hommes à bien administrer. Les femmes ont une façon particulière de veiller aux détails, de faire de l’ordre, de réaliser en un mot l’aisance. Oh! je conviens que les femmes ne feraient pas aussi grand que l’homme. Dans tous les pays, les hommes emploient la plus grande partie du budget pour le plaisir des yeux. Les femmes songeraient à conserver la race humaine; après, elles verraient à l’amuser. Enfin, les femmes seraient pour tous les membres de la société comme elles sont pour leurs enfants dans la famille: bonnes et équitables.

«L’intervention de la femme sur la scène du monde inaugurerait une ère de liberté pour l’homme comme pour la femme, car le despotisme au foyer engendre le despotisme dans la cité et tant que la femme sera asservie tout citoyen libre tremblera pour son indépendance.»


En octobre 1881, lors de la Campagne de Tunisie, elle adressa au général Campenon, Ministre de la Guerre, une lettre pour lui demander d’appeler les femmes à faire leur service humanitaire. Pour que nos soldats puissent vaincre les maladies «plus redoutables que le fer de l’ennemi» il faut qu’un sérieux personnel soit attaché à l’armée d’Afrique. Les femmes qui revendiquent l’égalité devant le droit, revendiquent aussi l’égalité devant le devoir. Qu’on les appelle à faire leur service humanitaire—pendant du service militaire des hommes—et l’on aura ce personnel.