Du Ministère on lui fit cette réponse.

«29 novembre 1881.

«Mademoiselle,

«Je serai heureux de vous donner des explications que vous donnerait le Ministre lui-même, sur la demande que votre patriotisme vous a amené à formuler.

«Le Ministre qui, vous n’en doutez pas, rend une entière justice aux sentiments généreux qui vous guident, m’a bien recommandé de vous recevoir si vous vous présentez au ministère.

«Je vous prie...

«Le Lieutenant-Colonel, Sous-chef de Cabinet.

A. Mourlant.»

Pour intéresser les pouvoirs publics à son œuvre de justice, elle adressait des pétitions à tous les pouvoirs. Quelques-unes de ces pétitions eurent l’honneur d’un vote unanime: celle à la Chambre des députés en faveur des femmes électeurs et éligibles obtint l’unanimité des voix de la commission électorale. Une autre pour que les femmes aient leurs droits électoraux fut votée par le Conseil général de la Seine tout entier. Elle les a reproduites dans le Vote des Femmes, ainsi que quelques autres des si nombreuses qu’elle a adressées à nos députés et à nos sénateurs, saisissant toutes les occasions pour les convaincre.

Elle ne s’intéressait pas seulement à l’électorat et à l’éligibilité politique des femmes, mais aussi à leur égalité avec les hommes dans les élections de leurs corporations.