Ce ne fut qu’en 1907 que les femmes obtinrent d’être électrices pour nommer les Conseillers Prud’hommes et en 1908 qu’elles devinrent éligibles à ce Conseil.
En 1884, une commission était nommée pour organiser l’exposition de 1889. La vaillante féministe s’adresse à M. Rouvier ministre du Commerce, pour que les femmes entrent dans cette commission:
«Monsieur le Ministre,
«Dans la commission que vous avez choisie pour organiser l’exposition de 1889, tous les futurs exposants masculins sont représentés: les commerçants sont représentés par le président de la Chambre de commerce de Paris, les fabricants par les présidents des Chambres syndicales patronales, les ouvriers par le président de l’Union des Chambres syndicales ouvrières, l’élément féminin seul est exclu; cependant, les femmes vont exposer comme les hommes leurs produits, et dans ce concours, destiné à décupler l’émulation du génie humain, elles contribueront pour une large part à rehausser notre gloire nationale.
«Si dans certaines branches de l’industrie nous pouvons être imités, dépassés même par nos voisins, pour tout ce qui sort de la main des femmes, nous arrivons les premiers. Nous triomphons grâce aux merveilleuses créations artistiques de ces fées parisiennes, qui savent faire sortir d’un rien, un chef-d’œuvre.
«Je vous prie, Monsieur le Ministre, de bien vouloir considérer que les Françaises qui dictent le bon goût au monde, tiennent dans les joûtes industrielles une place importante, et, tant au point de vue de l’intérêt national que de l’égalité dont on parle beaucoup dans notre société moderne, je vous demande d’appeler des femmes à faire partie de la commission d’organisation de l’exposition.
«Ne pas admettre les femmes à poser avec les hommes les bases de cette vaste entreprise, c’est négliger de s’assurer une partie du succès, en privant des moyens de mieux faire valoir les œuvres qu’elles exposeront, celles dont les étalages excitent en même temps que la convoitise, le ravissement de l’étranger.
J’espère, Monsieur le Ministre, que vous comprendrez qu’en lésant dans cette circonstance les intérêts des femmes, vous porteriez préjudice aux intérêts même de la France, et que vous ferez droit à une juste réclamation.
«Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.