A la même époque elle fonda le Secrétariat des Femmes, société d’assistance morale qui a été instituée pour «soutenir les femmes qui défaillent dans les voies douloureuses qui sillonnent la vie, et les aider à reprendre courage et espoir.»
Travailler pour le Féminisme était toujours son plus cher dessein. L’Intransigeant illustré lui ouvrit ses colonnes. Elle y donna des articles littéraires où le féminisme était présenté en action dans une forme attrayante.
En 1896 elle commença sa collaboration au Radical qui devait durer jusqu’en 1909. Presque chaque semaine elle y défendait les Droits des Femmes sous la rubrique: Le Féminisme avec une logique et un bon sens convaincants. La Libre Parole et Le Matin insèrent aussi de ses articles, ainsi que Le Radical Algérien, La Petite République, La Fronde, la Vie Moderne, Moulins-Souvenir, La Cocarde, Le Moniteur Algérien, etc.
Privée de son Journal La Citoyenne comme il a été dit, c’est dans le Radical qu’elle exposera et soutiendra ses idées. Son esprit novateur concevait d’emblée le juste. Aussi ses revendications pour son sexe seront la réalité de demain si elles ne sont déjà passées naturellement dans nos lois.
Celle, pour la retraite de la Corvéable est pleine de raisons irréfutables:
«La législation élaborée sans le concours des femmes s’abstient de tenir compte des intérêts du sexe féminin; la loi sur les retraites ouvrières le prouve encore.
«Si, en effet, en son article premier, cette loi reconnaît le droit à une retraite de vieillesse pour les ouvriers, les ouvrières et les employés des deux sexes, elle omet d’en octroyer une aux corvéables, c’est-à-dire à la majorité des travailleuses.
«Les ménagères qui sans trêve ni repos peinent gratuitement, les génératrices dont la fécondité assure la perpétuation de l’espèce humaine, n’auraient pas droit à la retraite, parce qu’elles œuvrent sans recevoir d’indemnité et que seuls seront pensionnés ceux dont la besogne est payée.