«Les mères ne recevant pas encore d’indemnités comme les fonctionnaires, elles ne peuvent, ainsi que MM. les Sénateurs et Députés, prendre sur des mensualités qu’elles ne touchent pas, de quoi alimenter leur caisse de retraite.
«Et, comme les mères ont vu s’augmenter, avec le nombre de leurs enfants, leur détresse, elles n’ont naturellement pas le sou pour payer des cotisations, c’est donc l’Etat leur débiteur qui doit assurer le fonctionnement de leur caisse de retraite.»
En 1907 pendant la discussion de la loi des Retraites ouvrières, elle adresse au nom de la Société «Le suffrage des Femmes», la lettre suivante à M. Viviani ministre du Travail.
«Monsieur le Ministre,
«Nous espérons que vous désirez rendre de nouveaux grands services aux parias françaises, et nous vous prions de vouloir bien—quand vous défendrez devant le Sénat les retraites ouvrières—trouver dans votre cœur et dans votre éloquence le moyen de faire assimiler aux ouvrières de l’usine et de l’atelier les travailleuses ménagères mères de famille, forcées d’exercer leur profession auprès de leurs enfants et qui ne doivent point, parce qu’elles assurent l’existence de la nation, être privées de retraite et réduites en leur vieillesse à mendier leurs dernières bouchées de pain.
«Le sexe féminin qui contribuera comme le sexe masculin à l’établissement des retraites ouvrières, doit bénéficier de ces retraites après trente ans de travail familial ou ménager.
«Plusieurs députés, notamment MM. Mirman, Allemane, Coûtant, Fournier, ont relativement à la retraite, proposé d’assimiler le travail ménager et familial au travail industriel.
«Les retraites pour les ménagères mères de famille, ne seront que l’acquittement d’une dette nationale.
«Nous vous supplions, Monsieur le Ministre, de tenter l’impossible pour faire préserver les femmes de la misère en leur vieux jours, et nous vous demandons d’agréer, avec l’expression de notre profonde gratitude, l’assurance de notre haute considération.»