La diminution des naissances qui rend, pour la France, la repopulation une question vitale, avait suggéré à M. Piou député, l’idée de favoriser les parents qui mettraient au monde un certain nombre d’enfants. La Chambre nomma une commission où les femmes ne furent pas appelées, et ces Messieurs ne trouvèrent naturellement que de pauvres dédommagements pour engager l’augmentation de la famille: «Il nous semblait que les deux sexes étaient seuls compétents, écrit Hubertine Auclert, pour décider d’une affaire où le couple est indispensable. Eh bien, cette commission a été nommée et pas un nom de femme n’y figure. Les hommes qui entendent seuls gouverner et administrer la France sont suffisants pour repeupler la France. Ils n’ont, paraît-il, pas besoin du concours des femmes pour augmenter la natalité.»

Elle pensait que l’indemnisation maternelle, serait seule capable de résoudre la question.


Le Congrès qui s’occupe périodiquement de la traite des blanches, et un Congrès tenu à Lyon en 1901 dans le but de réclamer la suppression de la réglementation de la prostitution lui inspiraient ces réflexions:

«Les ordonnances qui régissent la prostitution légale ravalent la femme au-dessous de l’animal. Si encore, ces investigations immorales servaient à autre chose qu’à dégrader les femmes, mais de l’avis des nombreuses sommités médicales elles n’atténuent en rien la contamination. En regard de la rigueur dont on use envers les femmes prostituées, il faut considérer la latitude, la liberté pleine et entière laissée aux hommes prostitués.

«Cette particularité démontre une fois de plus que tous les français ne sont pas égaux devant la loi, tant que les femmes ne contribuent pas à faire cette loi. Le mobile qui dirige la prostituée est cependant plus excusable que celui qui dirige le prostitué. La femme qui s’offre sur le trottoir est une façon de mendiante qui donne une compensation à qui lui fait l’aumône de quelques francs.

«Est-ce sa faute si elle est prostituée? victime de l’incohérence sociale qui l’a préparée pour vivre au foyer entre un mari et des enfants, elle a vu hélas! qu’il n’y avait pour elle, comme pour la moitié des femmes, pas plus de mari que de foyer.

«Si au lieu de patenter la prostitution, la République interdisait à tous la débauche, l’homme trouverait au célibat moins de charme et l’armée du vice serait réduite. Une seule et même morale. Les hommes ramenés à la moralité féminine et non les femmes admises au laisser-aller masculin, car, pour quelques filles qui bénéficient de la dissolution des mœurs, la généralité des femmes en souffre.»

Déjà en 1882, elle s’était occupée de la prostitution.

«Le nombre des prostituées hommes et femmes allant toujours croissant et le gouvernement s’occupant de trouver un moyen d’enrayer la prostitution, nous avons dans la lettre suivante adressée à M. le Ministre de l’intérieur, indiqué une vraie solution pour débarrasser Paris de ce fléau: