«Le suffrage universel doit être l’expression réelle de la volonté de la nation. Or, tant que les femmes ne voteront pas l’opinion exprimée par le suffrage restreint de la moitié de la nation ne sera qu’un mensonge; on ne connaîtra réellement la volonté de la France que quand les hommes comme les femmes voteront. Tous subissent les lois. Tous hommes et femmes doivent concourir à les faire. Tous ayant des intérêts en jeu, tous hommes et femmes doivent intervenir pour les défendre».
Dans une autre causerie elle s’occupait de la dénomination des femmes:
«La femme a deux dénominations. Que l’homme soit jeune ou vieux, qu’il soit célibataire ou marié on lui donne ce même et unique titre: «Monsieur». Tandis que devant toute femme, une énigme se dresse, l’appellera-t-on «Madame», l’appellera-t-on «Mademoiselle».
«Mademoiselle» servait autrefois de dénomination à toute femme mariée non titrée.
Aujourd’hui «Mademoiselle» est le titre donné aux filles non mariées.
«Madame», ancien titre des femmes des chevaliers, s’emploie actuellement en même temps que pour désigner les femmes mariées, les filles de rois.
Comment savoir si une femme est ou «Madame» ou «Mademoiselle». Le porte-t-elle écrit sur son front? A-t-elle son signe particulier pour le faire reconnaître?—Non.
L’âge lui-même n’est pas un indice, attendu qu’il y a des femmes mariées qui ont quinze ans et des femmes non mariées qui ont soixante ans. Comment deviner alors la dénomination à donner aux femmes? N’est-on pas souvent porté à appeler «Madame» celle qui est «Mademoiselle» et «Mademoiselle» celle qui est «Madame»? Elle montrait les erreurs que l’on pouvait commettre par inadvertance, qui sont parfois préjudiciables aux femmes.
Il fallait donc adopter une seule dénomination; elle engageait ses auditrices à qualifier uniformément les femmes du titre de «Madame».