M. Raspail croit que les femmes électeurs se distribueraient entre tous les partis, c’est-à-dire, que tous les partis profiteraient d’une influence salutaire.

Pour M. Maurice Barrès, le grand point c’est de savoir ce que feraient les femmes de leurs droits politiques. Il croit que pour obtenir leur émancipation, elles n’hésiteraient pas devant un bouleversement qui pourrait faire sombrer la société.

Toute la question, pour M. Paul Boncour, consiste à savoir dans quelle mesure l’accession des femmes aux droits politiques développerait et fortifierait la vie corporative et professionnelle.

Si la réforme était votée, dit M. Denis Cochin, elle aurait pour résultat de faire sortir la femme de son vrai rôle, celui que le christianisme lui a assigné.

M. Cruppi:

«En équité il est souverainement injuste de refuser à la femme la qualité de citoyen, mais la femme est-elle préparée pour remplir du jour au lendemain ces devoirs nouveaux pour elle? Nos Françaises, dans leur ensemble, veulent-elles ardemment cette réforme, qui comme toutes les réformes se conquiert par un effort résolu? Je ne sais...»

M. Dejeante est d’avis que dès que les femmes pourront exercer leurs droits, leur éducation sera plus rapidement faite que celle des hommes.

Dès 1884, M. G. Roche présentant un amendement pour faire obtenir aux commerçantes l’électorat consulaire disait:

«Puisque l’électorat consulaire dérive de la qualité de Français, il n’y a aucune raison de ne pas l’étendre à toutes les personnes qui ont cette qualité, à moins qu’on ne veuille établir, en principe, que la femme ne peut voter par cela seul qu’elle est femme.»

IV
Pétition réclamant la représentation intégrale de la nation