Les syndiqués qui trouvent tout naturel que les femmes qui luttent, qui peinent, qui mangent aient les mêmes droits que les hommes, ne se sont pas contentés d’appuyer nos revendications; ils nous ont indiqué des voies et moyens pour faire aboutir plus vite notre campagne.

La corporation des ferblantiers a fait aux suffragistes bon accueil; le bureau recommanda notre pétition qui fut de suite signée.

Les Français présents à la réunion des couturières et tailleurs étrangers appuyèrent aussi de leur signature nos réclamations.

Partout on nous encouragea à persévérer, on nous invita à revenir.

Chez les syndiqués, il n’est pas nécessaire que notre cause soit plaidée, elle est gagnée d’avance; car, les laborieux, intelligents, savent qu’ils seront plus forts, quand leurs compagnes posséderont cet instrument émancipateur, le bulletin de vote.

Ce sont seulement ceux que l’égoïsme aveugle qui ne voient pas que l’asservissement de la femme arrête l’évolution des citoyens, attendu qu’à la chaîne de la paria française est rivé le boulet qui empêche l’humanité de s’élever.

Les hommes qui pensent et qui observent, croient qu’en annihilant les femmes, on se prive d’un élément précieux pour la diffusion du progrès.

Les Françaises assureraient à leur pays l’aisance. En restreignant le gaspillage des fonds publics, elles procureraient le moyen d’organiser le travail de manière que plus aucun Français courageux ne puisse manquer de pain.

C’est au détriment général que les gouvernants s’obstinent à tenir hors la loi les femmes. Ils oublient qu’il faut aussi du cœur pour résoudre certaines questions, et qu’en tout on obtiendrait plus de résultats si le sentiment agissant de la femme s’alliait à l’indifférentisme de l’homme.

On trouve qu’il est anormal de ne point faire voter les officiers quand les politiciens votent, n’est-ce pas encore plus anormal de ne pas faire voter les femmes quand les hommes votent?