«Ce chiffre est celui des électeurs portés sur les listes électorales de l’année du précédent renouvellement de la Chambre des députés.

«Chaque circonscription élit un député par 22.500 électeurs inscrits et par fraction supplémentaire supérieure à 11.250.»

Or, messieurs, que vous propose aujourd’hui votre commission d’accord avec le Gouvernement? Tout simplement de revenir sur le vote que vous avez précédemment émis en toute connaissance de cause. Je dis en toute connaissance de cause, car aucun des arguments qui peuvent être invoqués dans un sens ou dans l’autre ne vous ont été épargnés.

Contre cette tentative j’ai considéré qu’il était de mon devoir, d’élever une protestation, moins en mon nom, vous le pensez bien, qu’au nom de mes collègues, signataires avec moi des amendements qui ont conduit à l’adoption des dispositions dont je demande en ce moment le maintien à la Chambre.

Je me permets également de protester, en tant que membre d’une assemblée qu’on voudrait placer dans cette fausse posture de se mettre en contradiction avec elle-même à deux mois de distance, sur un point où moins que sur tout autre—vous en comprenez parfaitement la raison—il lui est possible, sans laisser quelque chose de sa dignité, de revenir en arrière.

M. le Président du conseil.—On ne saurait comprendre qu’on accordât aux seuls électeurs inscrits le privilège d’être représentés au Parlement.

Nous ne représentons pas seulement ici les électeurs, c’est-à-dire, une catégorie limitée de citoyens, les citoyens âgés de plus de vingt et un an qui ne sont pas officiers, nous représentons la nation tout entière avec ses intérêts complexes...

M. Malaviale.—Alors la représentation est nationale.

M. le Président du Conseil.... et nous ne représentons pas seulement, ceux qui vivent aujourd’hui. Nous représentons aussi ceux qui sont morts et ceux qui doivent naître, c’est-à-dire, le passé et l’avenir de la France.

M. Jules Louis Breton.—Alors donnez le droit de vote à toute la population.