M. le Président du Conseil.—Mais, monsieur Breton, votre observation, permettez-moi de vous le dire, ne peut avoir aucune portée, les électeurs ne sont pas des élus. Les électeurs ne sont pas des représentants, mais les députés, eux, sont des représentants et ils doivent, je le répète, représenter la nation tout entière; ils doivent représenter les femmes aussi bien que les hommes, les mineurs aussi bien que les majeurs, ils doivent représenter les officiers aussi bien que les civils.

Mais la question que soulève l’amendement de l’honorable M. Maginot est tout à fait différente et, en ce qui concerne la base électorale calculée sur le nombre des inscrits, le Gouvernement d’accord avec la Commission vous demande de repousser sa proposition.

En nommant, président de la République, M. le président du Conseil Poincaré, les députés ont dû se souvenir qu’il avait assuré leur réélection basée sur le nombre des habitants.

M. Louis Andrieux, que nous n’avions pas sollicité d’intervenir en notre faveur a éloquemment réclamé le vote des femmes.

M. Louis Andrieux.—Je veux répondre quelques mots seulement, sur un point spécial, à M. le Président du conseil.

M. le Président du conseil veut que les femmes soient représentées, mais il me paraît être un féministe inconséquent. Il ne va pas jusqu’aux conclusions logiques de ses prémices.

M. le Président du conseil nous donne d’excellents conseils pour la représentation des femmes, mais il ne croit pas devoir leur accorder le droit de vote (applaudissements à gauche).

M. Dejeante.—M. Maginot non plus.

M. Louis Andrieux.—Je n’aperçois pas qu’il soit possible, sincèrement, loyalement, de faire représenter les femmes...

M. G. Berry.... par leur mari: c’est la loi.