M. Louis Andrieux—Autrement qu’en leur donnant le droit de vote. (Très bien! Très bien! sur divers bancs).

M. Maginot.—Voulez-vous me permettre, mon cher collègue, d’appuyer votre manière de voir en vous donnant communication d’une lettre, qu’on ne dira pas écrite pour les besoins de la cause puisque je l’ai reçue le 27 mars dernier, au lendemain du jour où j’ai soutenu mon amendement devant la chambre?

M. Louis Andrieux.—Volontiers.

M. Maginot.—Société «Le suffrage des Femmes».

«Monsieur le député,

«La société «Le suffrage des Femmes» vous remercie de votre courageuse intervention dans la discussion sur la réforme électorale.

«Le vote de votre amendement qui fait prendre pour base de l’élection des députés, les électeurs au lieu des habitants, empêchera les Françaises—non représentées au Parlement—d’être comptées comme des animaux recensés (on rit) et les fera promptement admettre comme électeurs, pouvant enfin envoyer des représentants à la Chambre.

«Veuillez agréer, etc... (Applaudissements à gauche).

«La secrétaire générale
H. Auclert».

Ne soyons donc pas, messieurs, plus monarchistes que le roi, ni plus féministes que les femmes, qui, vous le voyez par la lettre dont je viens de vous donner lecture, se soucient fort peu de la demi-représentation et du semblant de capacité électorale que certains d’entre nous paraissent si soucieux de leur conserver (Applaudissements à gauche).