Note 71:[ (retour) ] Tacite. Hist. 1. V. Là Moyse est nommé l'un des bannis, c'est-à-dire, l'un des Israëlites qui furent chassez par les Egyptiens. Ce qui est oposé aux fables des Egyptiens qui le font passer pour un de leurs propres Sacrificateurs.

Note 72:[ (retour) ] Longin, dans son Traité du Sublime. «Moyse Homme d'un esprit peu commun a conçu & exprimé la puissance de Dieu d'une maniere fort sublime au commencement de son livre, où il s'exprime ainsi; Dieu dit, & que dit-il? Que la lumiére soit, & elle fut; que la Terre soit, & elle fut. Chalcidius apelle Moyse un Homme sage, & reconnoît qu'il passoit pour un Homme inspiré.

Note ac:[ (retour) ] Longin fut Maître du Philosophe Porphyre, ce grand ennemi des Chrétiens: Zenobie, Reine des Palmyriens, peuples de l'Arabie déserte, le mit pour son Conseiller. Ce fut lui qui s'opposa à ce que la Reine se rendît aux Romains: il lui en coûta la vie. L'Empereur Aurélien aiant défait l'armée de Zenobie, fit servir cette Reine à son triomphe, & fit tuer Longin. Cela arriva vers le milieu du troisième siécle de l'Eglise. TRAD. DE PAR.

Note ad:[ (retour) ] Apulée, Philosophe Platonicien, fleurissoit au milieu du 2. siécle. Le même.

Note 73:[ (retour) ] Le nom de ces deux Magiciens. Numénius dans Eusébe, «Jannés & Jambrés, Prêtres Egyptiens, passoient pour grands Magiciens dans le tems que les Juifs furent chassez d'Égypte. Ils furent choisis pour résister à Musée Homme très-puissant auprès de Dieu par ses prières, & furent seuls capables de détourner de dessus les Egyptiens les maux que Musée atiroit sur cette Nation.» Là, Moyse est apellé Musée, pour donner à ce nom un air de nom Grec.

Note 74:[ (retour) ] Plusieurs Auteurs ont parlé de la Loi. Strabon, Tacite, Théophraste, Hécatée. La défense de se joindre avec les étrangers se trouve dans Justin, & dans Tacite; celle de manger du porc se lit dans Tacite, Juvénal, & Plutarque. Ce dernier parle aussi des Lévites & de la fête des Tabernacles. Pythagore en a même tiré beaucoup de choses; par exemple, la défense de manger de la chair de bêtes mortes d'elles-mêmes; de représenter Dieu par des Images corporelles; de gâter les arbres fruitiers &c. Porphyre reconnoissoit aussi que Platon avoit emprunté beaucoup de choses des Juifs, comme le remarque Théodoret.

Note 75:[ (retour) ] Strabon liv. XVI. Les successeurs de Moyse gardérent pendant quelque tems ses loix & furent justes & pieux. Un peu plus bas il dit, que ceux qui crurent à Moyse étoient justes & craignans Dieu.

Note 76:[ (retour) ] Justin liv. XXXVI. Ch. 2. Il est incroyable combien la piété & la justice de ces Rois & de ces Sacrificateurs firent fleurir cette nation. Aristote parlant d'un Juif qu'il avoit connu, dit qu'il étoit très-sage & & très-savant. Jos. Rép. à App. liv. 1. Tacite dit que les Juifs adorent l'Être souverain, éternel, & immuable.

C'est assez d'avoir trouvé dans les Auteurs étrangers des choses conformes avec ce que les livres de Moyse enseignent. Je ne m'arrêterai pas à chercher de pareilles conformitez, entre ces Auteurs, & ce que Josué & ses successeurs ont fait & laissé par écrit. Je crois avoir assez solidement établi ce que je prétendois, qui est, que l'autorité des livres de Moyse étant apuyée sur des fondemens si fermes que l'impudence même les doit respecter, les miracles que ces livres nous raportent ne peuvent plus être révoquez en doute. Pour les autres, que l'Histoire des siécles suivans contient, comme[77] ceux d'Elie, d'Elisée &c. ils doivent être d'autant moins suspects, que le Peuple Juif étant alors beaucoup plus connu, & l'opposition de sa Religion avec celle de ses voisins, le rendant l'objet de leur haine & de leur contradiction, ils n'eussent pas manqué de se récrier d'abord sur ses fourberies & sur ses impostures, si les miracles dont ce Peuple se vantoit, n'eussent pas été véritables[AH].

Note 77:[ (retour) ] Ceux d'Elie &c. Eusébe Préparation liv. XX. Ch. 3. dit qu'Eupoléme a fait un livre touchant les Prophéties d'Elie, & Ch. 19. il raporte un passage de cet Auteur sur celles de Jérémie.