Note 96:[ (retour) ] Le pouvoir que l'homme &c. On y peut ajoûter le pouvoir qu'il a sur tous les animaux, & la faculté qu'a nôtre ame de connoître Dieu: ce qui paroît si bien par la préférence qu'elle lui donne sur toutes les autres choses, & par le peu de cas qu'elle fait des plus fâcheuses, lors qu'il s'agit de lui plaire.
Note 97:[ (retour) ] Les Tyrans &c. «Enfin, dit Suetone, parlant de Tibère, il devint insuportable à lui-même, comme il parut par cette Lettre qu'il écrivit au Sénat, & qui est une peinture si naïve d'une conscience agitée. Que vous écrirai-je, Messieurs? Comment vous écrirai-je, ou plutôt, que dois-je ne vous pas écrire dans cette conjoncture? Que les Dieux me fassent périr d'une manière encore plus afreuse que celle que j'éprouve tous les jours, si je sai que vous mander. Tant il est vrai, dit Tacite, après avoir raporté ce commencement de Lettre, tant il est vrai que ses crimes & ses désordres étoient devenus alors la matiére de son suplice.»
Que la derniére fin de l'Homme est un bonheur éternel.
XXV. Or si nous ne pouvons rien apercevoir dans la nature de l'ame qui doive causer sa destruction; si Dieu par quantité de marques, qui ne sont point équivoques, nous aprend que son dessein est qu'elle survive au corps; si d'ailleurs il faut reconnoître que l'Homme, en qualité d'Être intelligent & raisonnable, doit avoir une derniére fin: il ne s'agit plus que de chercher en quoi cette derniére fin peut consister. Or par cette seule raison, qu'elle doit avoir du raport à l'excellence de l'ame & à son éternité, il est assez évident qu'elle ne peut être autre chose qu'une félicité éternelle. C'étoit la pensée de Platon & des Pythagoriciens, lors qu'ils ont enseigné que le souverain Bien de l'Homme, consiste à être élevé à la plus parfaite ressemblance qu'il puisse avoir avec Dieu.
Pour, ce qui est de la nature de ce bonheur éternel, & des moyens de l'aquerir, c'est une matiére à conjectures, tant que Dieu n'en a rien révélé. Mais si l'on peut découvrir qu'il se soit expliqué là dessus, il ne faut plus balancer; l'on doit recevoir ce qu'il nous en dit, & le croire avec cette certitude que produisent les Véritez les plus constantes & les plus autentiques.
Or comme la Religion Chrétienne nous promet sur cet article quelque chose de plus que toutes les autres Religions, il est bon d'examiner quelle opinion nous devons avoir de ces grandes promesses. C'est ce que nous allons faire dans le Livre suivant.