Note e:[ (retour) ] Cet historien était Grec, de la ville d'Antioche; il fleurissait sous les Empereurs Gratien & Valentinien au milieu du quatrième siècle. TRAD. DE PAR.
Note 37:[ (retour) ] De se rendre Dieu propice par des priéres. Si l'on en croit les Juifs, ils ont rendu service à Dieu en rejettant le faux Messie, que tant de personnes ont reçu.
Que Jésus est le Messie. Preuves tirées des prédictions.
Note A: Ps. LXXXIX. 4. Es. IV. 2. &c.
Note B: Mich. V. 2.
Note C: Es. IV. 1.
Note D: Es. XXXV. 5.
Note E: Ps. II. 8. XXII. 18.
Es. II. 18. 20. XXXI. 7.
XVIII. Jusqu'ici j'ai prouvé que le Messie doit être venu: je vais présentement montrer qu'il n'est autre que le Jésus que nous adorons. Tous les autres qui se sont vantez d'être le Messie, ou qui ont même passé pour tels n'ont laissé aucune Secte qui conservât ce sentiment. Nous n'en voyons aujourd'hui aucune qui fasse profession de reconnoître pour tel, ni Hérode, ni Judas le Gaulonite, ni Barchochébas, qui sous l'Empire d'Adrien se dit être le Messie, & qui trompa les plus éclairez. Mais depuis que Jésus-Christ est venu au Monde, jusqu'à nôtre siécle, il y a toujours eu dans toute l'étendue de la Terre, & il y a encore aujourd'hui un nombre infini de personnes qui suivent sa Doctrine, & qui le révérent comme le Christ. Je pourrois aporter ici beaucoup de choses, qui ont été autrefois ou prédites ou crues touchant le Messie, lesquelles nous croyons avoir été vérifiées en la personne de Jésus-Christ, & qu'on ne prétend pas même avoir été acomplies en aucun autre. En voici quelques-unes. Jésus-Christ étoit de la Famille de David[A]: il est né d'une Vierge, comme l'aprit par révélation celui qui avoit épousé Marie, & qui l'auroit renvoyée, s'il eût cru qu'elle fût enceinte d'un autre selon les voyes ordinaires: il est né à Bethléhem[B], il a commencé[C] à prêcher en Galilée:[D] il a guéri toutes sortes de maladies: il a rendu la vue aux Aveugles, & redressé les Boiteux. Mais je me contente de remarquer une chose que[E] David, Esaïe, Zacharie, & Osée avoient prédite, & dont l'acomplissement subsiste encore aujourd'hui; c'est que le Messie devoit être le Docteur non seulement des Juifs, mais aussi des autres Nations: qu'il anéantiroit le culte des fausses Divinitez, & qu'il rangeroit au service d'un seul Dieu une grande multitude d'Etrangers. Avant la venue de Jésus-Christ, presque tout le monde étoit plongé dans l'Idolatrie. A peine a-t-il paru, qu'elle commença à s'évanouïr peu à peu, & que non seulement plusieurs Particuliers, mais des Rois, & des Nations entiéres quitérent les faux Dieux, pour ne plus adorer que le seul vrai Dieu. Cet heureux changement n'est pas l'éfet des enseignements des Docteurs Juifs, mais de la Doctrine que les Disciples de Jésus-Christ, & ceux qui vinrent après eux, prêchérent par tout le Monde. Par là, ceux qui n'étoient pas encore le Peuple de Dieu, le devinrent; & l'on vit acompli ce que Jacob avoit prophétisé au Ch. XLIX de la Genése, qu'avant que l'autorité du Gouvernement civil fût entiérement ôtée à la Postérité de Juda, le Silo, c'est-à-dire le Messie, selon la Paraphrase Chaldaïque, [38] & selon tous les Interprétes, le Silo, dis-je, viendroit, & que les Nations étrangéres mêmes se viendroient soumettre à lui.
Es. XI. 10.
Note 38:[ (retour) ] Et selon tous les Interprétes &c. Ces Interprétes sont les Rabbins Siloch, Béchaï, Salomon, Abenezra & Kimehi.
Réponse à l'objection que quelques-unes de ces prédictions n'ont pas été accomplies.
Esaïe. XXIX. 2. Dan. XXII. 4. 9.
XIX. Les Juifs nous objectent ici, que certaines choses qui ont été prédites touchant le tems du Messie, n'ont pas encore eu leur acomplissement. Je répons que les prédictions qu'ils aportent pour exemple, sont ou obscures, ou sujettes à diverses interprétations, & que par conséquent elles ne nous doivent pas faire renoncer à des choses qui sont très-intelligibles & très-claires, telles que sont, la sainteté de la Morale de Jésus-Christ, la grandeur de la récompense qu'il a promise à ses Fidéles; la clarté & l'évidence des termes dans lesquels il la propose. A quoi si l'on ajoûte les miracles, qui ne voit que ce devoient être des raisons sufisantes pour faire embrasser sa Doctrine? Pour ce qui est des Prophéties, leur obscurité, qui leur a fait donner le nom de Livres fermez, est telle qu'on ne peut souvent les entendre sans le secours de la Grace. Or il est juste que Dieu refuse ce secours à ceux qui n'ont pas voulu profiter des lumiéres plus vives & plus convainquantes que ne sont les Oracles. Pour ce qui est des passages qu'ils nous objectent, ils savent bien eux-mêmes qu'ils peuvent recevoir plusieurs explications. Si quelqu'un veut se donner la peine de confronter les anciens Interprétes, qui ont vécu pendant la captivité de Babylone, ou dans les tems de Jésus-Christ, avec ceux qui ont écrit depuis que le nom de Chrétiens est devenu odieux aux Juifs, il trouvera que les premiers ont expliqué les passages controversez, d'une maniére assez conforme au sens que nous leur donnons; & il en conclura avec raison, que si les Nouveaux Interprétes ont inventé d'autres sens, éloignez de ceux que les anciens Juifs recevoient aussi bien que nous, ils ne l'ont fait que par passion, & dans le dessein de se faire des armes contre nous.
Es. XI.6.
Mais pour dire quelque chose de plus particulier sur ces prédictions non acomplies, les Juifs, tout atachez qu'ils sont à la lettre & au sens propre des mots, n'ignorent pas qu'il y a quantité d'endroits dans l'Écriture, qui se doivent entendre dans un sens de métaphore & de figure. Tels sont ceux qui atribuent à Dieu des choses qui n'apartiennent qu'à l'Homme, qui disent qu'il est descendu, & qui lui donnent une bouche, des oreilles, des narines &c. Pourquoi donc ne pourrions-nous pas aussi expliquer dans un sens de figure la plûpart des choses qui sont prédites touchant les tems du Messie? Pourquoi n'entendrions-nous pas ainsi ce qui est dit, qu'alors le loup paîtra avec l'agneau, le léopard avec le chevreau, & le lion avec le bétail; que l'enfant se jouera avec l'aspic; que la montagne de Dieu s'élévera au dessus des autres montagnes & que les étrangers y aborderont pour y sacrifier. Enfin, il y a certaines promesses qui paroissent absolues, mais qui dans le fond renferment une condition; & cette condition se peut découvrir ou dans ce qui précéde, ou dans ce qui suit, ou dans le sens même de la promesse. C'est ainsi que Dieu a promis beaucoup de choses aux Juifs, au cas qu'ils reçussent le Messie, & qu'ils lui voulussent obéir. Et si l'événement n'y a pas répondu, c'est à eux-mêmes, & non pas à Dieu, qu'ils s'en doivent prendre. S'il y a quelques promesses absolues & indépendantes de cette condition, qui ne soient pas encore acomplies, il ne s'ensuit pas de là qu'elles soient vaines, ou que nous les apliquions mal, mais que nous en devons encore atendre l'éfet. Car les Juifs tiennent pour constant que le tems, ou si l'on veut, le Régne du Messie, doit durer jusqu'à la consommation des siécles.