Si-Hamza semble enchanté de cette révélation. Il répète cinq ou six fois de suite :
— Fin de siècle… fin de siècle…
Et il fait le tour de la table pour étonner les convives par le déballage immédiat de son récent savoir.
Il nous conte, d’ailleurs, dans le cours de la soirée, une historiette que je ne puis résister au plaisir de rapporter tant elle me paraît caractéristique.
Lors de son dernier voyage à Paris, Si-Hamza était descendu au Grand-Hôtel avec son oncle Si-Ed-Dine. Un soir que les deux marabouts regagnaient leur logis, ils furent arrêtés sur le boulevard par une de ces promeneuses nocturnes qui n’ont point d’autre profession que d’indiquer le chemin aux étrangers.
— Que veut cette femme ? demanda l’agha qui n’entend point le français.
Si-Hamza répondit gravement :
— C’est une malheureuse dont le père est mort. Elle sait que tu es très généreux. Elle vient te demander de quoi le faire enterrer.
— Combien dois-je lui donner ? reprit l’agha.