J’ai été saluer ces missionnaires chez eux et je suis sorti enchanté de ma visite. L’école était fermée, car, au Sahara comme chez nous, les chaleurs de juillet rendent la liberté aux écoliers. Pourtant, j’ai trouvé là le bon élève, le petit fort en thème, qui, même pendant le temps des congés, vient dire bonjour à ses maîtres et à ses livres. Il attachait son cheval à la porte des pères au moment où j’entrais. C’était un enfant d’une dizaine d’années à face réfléchie. J’ai demandé à voir ses « cahiers de brouillon » ; il me les a apportés lui-même. Et comme je n’en pouvais croire mes yeux, j’ai voulu lui dicter cette phrase :
« J’irai voir Paris quand je serai grand. »
L’écolier l’a écrite sans faute d’orthographe, en belles lettres allongées.
Alors, je lui ai demandé :
— Es-tu reconnaissant aux Pères blancs ? Qu’est-ce que la reconnaissance ?
— C’est l’amour pour ceux qui nous ont fait du bien.
Le petit M’zabite ne me récitait pas un modèle d’écriture. Il avait trouvé cette parole-là dans son cœur.
J’ai dit aux Pères :
— Vous devez être heureux…
Ils m’ont répondu :