Alors sans se presser, en regardant son assiette, et d'une voix entrecoupée:
—Pourquoi que vous m'avez appelée fainéante?
—Moi, je t'ai appelée fainéante? C'était donc pour plaisanter.
—Non, non, continua-t-elle, c'était pas pour plaisanter. C'est vrai que j'suis fainéante, mais à qui la faute? Est-ce que je voudrais pas turbiner comme Juzaine, est-ce que je ne voudrais pas m'cavaler, sur Reine-de-Mai ou sur l'Arabe, est-ce que j'serais pas capable d'être écuyère, moi aussi?
—Ecuyère! ma pauvre Gringalette, mais c'est difficile d'être écuyère: tout le monde n'y arrive pas.
—Vous ne savez pas si je pourrais le devenir. Vous ne m'avez jamais fait monter à cheval!
—Tu y monteras, je te promets. Et tu verras comme c'est agréable. Ton derrière recevra le fouet plus souvent peut-être qu'il ne le désirerait.
—Je recevrai des coups... parce que ça vous amusera de m'en donner.
—Oh! ça ne m'amusera pas, mais je ne connais pas d'autre manière d'apprendre... M. Cusani et n'importe quel écuyer serait à ma place qu'il n'agirait pas différemment.
—Eh bien, dit résolument Gringalette, on me fouettera. Tant pis!