—J'ai entendu la messe il y a deux heures et, si je ne m'occupe pas aujourd'hui de mes œuvres ordinaires, c'est que je suis pour le moment incapable de penser à quoi que ce soit, sinon au grand malheur qui vient de m'arriver.

—Vous avez perdu de l'argent?

—J'ai perdu, ce qui est bien plus douloureux pour moi, mon confesseur, le vénérable abbé Palloy, qui vient d'être arrêté sur une dénonciation que j'ai toute raison de croire calomnieuse. Je venais vous demander un conseil. Malgré votre jeunesse, vous connaissez bien mieux que moi les choses de ce monde, et peut-être sauriez-vous ce que je dois faire pour le voir, et même pour obtenir sa mise en liberté. Au besoin votre mari, qui est très instruit, connu pour son savoir et son honorabilité, pourrait nous aider. Il ne s'agit pas ici de combattre ou de défendre la religion, mais de sauver un innocent, accusé à tort, j'en suis persuadée.

Valentine se mordit les lèvres, se gratta la tête, rejeta sur son dos les touffes de cheveux qui lui couvraient la gorge et ne répondit pas.

—Qu'avez-vous! s'écria Mlle Trébuchet surprise. Le service que je vous demande n'a rien d'extraordinaire.

—Il m'est impossible de vous le rendre, répliqua vivement Valentine.

—Et pourquoi cela?

—Parce que c'est mon mari lui-même qui a fait arrêter l'abbé Palloy.

—Votre mari! mais c'est donc un monstre. Et quels griefs peut-il avoir contre notre malheureux vicaire?

—Mais comment voulez-vous que je le sache?