—Au revoir, au revoir, fit-elle, en le poussant dans le vestibule.
Il s'en alla désolé.
Il était à peine sorti que la princesse fit appeler par un domestique Mme Narischkin alors occupée à lire dans la bibliothèque. Mme Narischkin laissa son livre et accourut aussitôt, comme pour montrer son obéissance et son empressement à se rendre utile.
—Maria Pawlowna, demanda la princesse à demi-voix, as-tu de l'affection pour moi?
—Comment peux-tu m'adresser une pareille question, ma chère Alexandra Mikhailowna, je n'oublierai jamais ce que tu as fait pour mon pauvre père et comment tu m'as retirée moi-même de la pauvreté, m'offrant en partage ton bien-être, ton luxe, tes plaisirs. Oh! oui, je t'aime, tu peux en être sûre!
—Alors, me chère Maria, je vais faire appel à ta reconnaisance. J'attends de toi un grand service.
—Sans savoir ce que c'est, je suis prête à te le rendre, si seulement j'en suis capable!
—Ecoute. On m'a dit qu'autrefois tu accompagnais ton père à la chasse, et que tu étais toi-même une véritable Diane, que tu ne manquais jamais un coup de fusil.
—C'est vrai. Mon frère prétendait qu'il n'avait jamais rencontré d'aussi bon tireur que moi.
—Alors Maria Pawlowna, voilà ce que je veux... je veux mettre ton adresse à l'épreuve.