—Mais je vais le faire relâcher à l'instant!

—Si vous le pouvez, dit-elle en se mettant entre lui et la chambrette du téléphone. Il voulut l'écarter, mais elle saisit un revolver et le dirigea contre lui, prête à tirer. Vainement essaya-t-il de lui saisir le bras, de détourner l'arme; la princesse ne céda pas.

—Ne tirez pas, au nom de Dieu! fit-il pâle d'effroi.

—Agenouillez-vous, dit-elle, et demandez-moi pardon.

Il tomba tout tremblant aux pieds de la princesse.

—Ah! ah! dit-elle, tu es moins fier lorsque tu es seul avec moi. Tu as besoin pour maîtriser une femme de sentir derrière toi tous tes policiers!

—Grâce! implora-t-il.

—Relève-toi, dit-elle, en lui lançant des coups de pied, relève-toi donc, misérable! Et maintenant pars. Mais va-t-en donc, coquin! va-t-en donc.

Elle lui ouvrit une petite porte par laquelle il sortit effaré, sans prononcer une parole. Il se trouva dans un étroit escalier qui dépendait des appartements de la princesse et donnait sur un bois de pins. Un chemin qui traversait le bois conduisait au village de Glinnoë. Le gouverneur le prit, croyant que c'était une allée de parc. Avant de s'y engager il se retourna vers la princesse qui d'une fenêtre observait son départ.

—Tu entendras parler de moi! cria-t-il. Sois sûre que je ne t'oublierai pas dès que je serai à Kalouga!