—Il n'y a pas un marin sur le quai, fit-il. C'est par hasard que j'étais là. Tout le monde est à la fête aujourd'hui.

La traversée ne dura pas une demi-heure, durant laquelle je souffris toutes les angoisses.

Est-elle là, me disais-je. Vais-je la trouver?

Je ne songeais même pas à Dubousquens aux bras duquel pourtant il faudrait l'arracher.

Enfin j'aperçois le Duquesne, nous touchons à sa coque énorme et sombre parmi les lumières des flots, on me jette une échelle de corde que tient le marinier et d'où je manque de tomber dans la mer. Cependant on me hisse tant bien que mal. Le capitaine descend du pont, vient au devant de moi.

—Monsieur, lui dis-je, je tiens absolument à voir M. Dubousquens avant son départ. N'est-il pas ici?

—Il n'est pas encore ici, madame, me répond-il, mais il doit s'embarquer cette nuit avec sa jeune femme.

Il appuya sur les derniers mots comme s'il se doutait, à mon air égaré, quel intérêt me faisait tenir à les rencontrer.

—Je les attends, dis-je.

Vainement voulut-il me détourner de mon projet. Il alléguait que seuls les passagers pouvaient rester sur le navire. C'était une règle qu'il devait observer, surtout à la veille d'un départ.