… A côté, dans une petite chambre voûtée, dans une niche de la muraille nue et blanche, une bougie brûle.

Sur des nattes, sur des hardes bariolées, une dizaine de nègres sont à demi couchés.

Entre eux, sur un plateau en cuivre, des verres à thé et des petites pipes de kif.

Des loques blanches sur des corps noirs aux muscles saillants comme des cordes, des voiles de mousseline terreuse autour de faces prognathiques et lippues ; çà et là, le rouge écarlate d’une chéchiya…

Les deux Soudanais qui étaient dans la cour nous ont suivis.

Ils s’assoient côte à côte, au fond de la pièce.

L’un prend un bendir, un tambourin arabe, et l’autre un chalumeau.

Alors, une des négresses apporte une cassolette en terre cuite avec, sur des charbons ardents, de la poudre de benjoin et de l’écorce de cannelle.

La petite fumée bleue monte sous la voûte et emplit bientôt le réduit où s’épaissit une lourde chaleur.

Les deux nègres commencent leur musique, lentement d’abord, comme paresseusement.