Sans aucune hâte de rentrer au campement, l’idée me vint de passer par les collines qui ferment la plaine. Je m’engageai donc dans un dédale de monticules de plus en plus élevés, en prenant le chemin de l’ouest.

Il y avait là des vallées semblables à la nôtre et, pour ne pas perdre trop de temps, je laissais trotter « Souf » dans ces endroits plus plats.

Peu à peu, le ciel s’était de nouveau couvert de nuages, et le vent commençait à tomber. Sans la bourrasque de la nuit qui avait séché et déplacé toute la couche superficielle du sable, un vent aussi faible n’eût pu provoquer aucun mouvement à la surface du sol. Mais la terre était réduite à l’état de poussière presque impalpable, et le sable continuait doucement à couler des dunes escarpées. Je remarquai bientôt que mes traces disparaissaient très vite.

Après une heure je commençais à être étonnée de ne pas encore être arrivée au camp. Il était déjà assez tard, et la chaleur devenait lourde. Pourtant, je remontais bien vers l’ouest ?…

Enfin, je finis par m’arrêter, comprenant que l’avais fait fausse route et que j’avais dû dépasser le campement.

Mais je demeurais perplexe… Où fallait-il me diriger ? En effet, je ne pouvais pas savoir si je me trouvais au-dessus ou au-dessous de la route, c’est-à-dire si j’avais passé au nord ou au sud du camp. Je risquais donc de m’égarer définitivement. Cependant, je me décidai à prendre résolument la direction du nord, la moins dangereuse dans tous les cas.

Mais, là encore, je n’aboutis à rien, après avoir marché pendant une heure ; alors, je redescendis vers le sud.

Il était trois heures après midi, déjà, et ma mésaventure ne m’amusait plus : je n’avais qu’un pain arabe dans le capuchon de mon burnous et une bouteille de café froid. Je commençais à me demander ce que j’allais devenir, si je ne retrouvais pas mon chemin avant la nuit.

Laissant mon « Souf » dans une vallée, je grimpai sur la dune la plus élevée de la région autour de moi, de tous côtés, je ne vis que la houle grise des monticules de sable, et je ne parvenais pas à comprendre comment j’avais pu, en si peu de temps, m’égarer à ce point.

Enfin, ne voulant plus continuer à errer sans but, craignant d’être prise par la nuit dans un endroit stérile où mon cheval, déjà privé d’eau, ne trouverait même pas d’herbe, je me mis à la recherche d’une vallée commode pour passer la nuit.