— Que fais-tu là, toi ?

Je me retournai : devant moi se tenaient trois hommes bronzés, presque noirs, en loques, portant leur maigre bagage dans des sacs de toile et armés de longs fusils à pierre.

— J’ai soif.

— Tu t’es égaré ?

— Je campe non loin d’ici avec des Rebaïa, des Souafa, des bergers…

— Tu es Musulman ?

— Oui, grâce à Dieu !

Celui qui m’avait adressé la parole était presque un vieillard. Il étendit la main et toucha mon chapelet.

— Tu es de Sidi Abd-el-Kader Djilani… Alors, nous sommes frères… Nous aussi nous sommes Kadriya.

— Dieu soit loué ! dis-je.