— J’ai juré.

— Chouf Rabbi ! (Dieu verra) dit Hama Srir.

Et sans ajouter un mot, il partit.

Si Abdallah, indigné, entra dans sa maison et, s’adressant à Saâdia et à Embarka, il dit :

— Laquelle de vous deux, chiennes, a laissé voir son visage au vagabond ?

Les deux jeunes filles gardèrent le silence.

— Si Abdallah, répondit pour elles l’aïeule vénérée, le vagabond est venu le mois dernier se faire panser pour une morsure de « lefaâ ». Ma fille Tébberr, qui est âgée, m’a aidée. Le vagabond n’a vu aucune des filles de Tébberr. Nous sommes vieilles, le temps du hedjeb (retraite des femmes arabes) est passé pour nous. Nous avons soigné le vagabond dans le sentier de Dieu.

— Garde-les, et qu’elles ne sortent plus.

Saâdia, l’âme en deuil, continua pourtant à attendre, obstinément, le retour de Hama Srir, car elle savait que, si vraiment Dieu le lui avait destiné, personne ne pouvait les empêcher de s’unir.

Elle aimait Hama Srir, et elle avait confiance.