Que c’est simple de mourir !
A côté de moi, Si Abdelali, un lettré de Marrakech, se met à chanter à mi-voix une complainte ancienne sur le sort de ceux qui ne sont plus.
Voici : je suis mort, mon âme a quitté mon corps
On a pleuré sur moi les larmes du dernier jour.
Quatre hommes m’ont pris sur leurs épaules,
En attestant leur foi au Dieu unique.
Ils m’ont porté jusqu’au cimetière,
Ils ont prié sur moi la prière sans prosternation,
La dernière des prières de ce monde.
Ils ont rejeté sur moi la terre.