Il s’approcha d’elle.
— Où est ta chambre ?
— Vengo, fils.
Et, sans hâte, avec une indifférence profonde, elle précéda Orschanow dans un couloir obscur et puant.
Dans la chambre, il y avait un lit, une table en bois blanc, deux tabourets dépaillés, une armoire. Des taches noires d’humidité sur le plafond bas et sur le papier décollé des murs sales assombrissaient encore le décor.
La femme poussa le verrou, puis elle se mit à se déshabiller, toujours sans parler.
Et ce silence de la fille qui seyait à son étrange beauté, achevait de troubler et de griser Orschanow.
Comme ses gestes brusques, comme sa voix de gorge, presque rauque, l’amour de la fille fut âpre et brutal, sans les veuleries et les rengaines tristement bêtes de la plupart des filles…
*
* *
Orschanow s’éveilla. Les persiennes étaient restées entr’ouvertes et la lumière bleutée du matin glissait vers le lit où, la tête enfoncée dans l’oreiller, la fille dormait.