Orschanow ne voyait d’elle que sa forme vague sous le drap grossier et l’écroulement lourd de ses cheveux.
Il se détourna vers la fenêtre.
Quelque part, un serin en cage se mit à chanter.
Un souffle de fraîcheur agita les rideaux, passa comme une caresse, sur la poitrine d’Orschanow, dans l’entrebâillement de sa chemise d’ouvrier.
Tout à coup, un immense attendrissement l’envahit, mystérieux sans cause…
Il se sentit l’âme toute neuve et toute blanche.
Il fut heureux de vivre, heureux de savoir que dehors, le jour se levait et que la brise fraîchissait sur la mer, heureux de penser qu’il allait travailler, peiner sous le soleil avec les camarades qu’en cet instant il aimait.
Il fut heureux en même temps de savoir que, dans peu de jours, inévitablement, il quitterait ces gens et ces choses, et qu’il irait ailleurs, très loin, au delà de la Méditerranée, pour se griser à d’autres sources de volupté et de tristesse.
CHAPITRE VI
Vers la fin d’août, un vent de colère roula sur les quais.