A Nazereg, des collines peuplées de thuyas et de genévriers et des bosquets épais entourèrent la voie, avec des chants d’oiseaux et le crissement des cigales…
Puis, vers la fin du jour ce fut Saïda, la triste Saïda dans son immuable décor de pierres.
Comme les engagés se penchaient curieusement aux portières, pour voir le lieu d’exil, le grand jeune homme blond dit, avec son sourire tristement moqueur, s’adressant au Belge :
— Tiens, voilà où aboutissent les rêves azurés… voilà le refuge où l’on revient fatalement, malgré soi et malgré tout, quand on y est venu une fois… Qu’importe ? On y vit.
Orschanow regardait Saïda.
Tout y était rougeâtre, en cette fin de saison : le sol, les collines arides, couronnées de rochers déchiquetés, les remparts, les maisons aux toits en tuiles, les rues…
TROISIÈME PARTIE
CHAPITRE PREMIER
Les « marabouts » blancs du camp de la 22e Compagnie de Dépôt s’alignaient sur la terre nue.
A l’est, c’était le quartier de la Légion, les longs murs tristes, avec des toitures en tuiles vives des casernements et les squelettes noirâtres des arbres dénudés de la cour.