Et cette pensée fut à Dmitri à la fois très douce et d’une tristesse infinie.
— Allons, Mitia, pour le Christ, aie pitié ! Pour la dernière fois, viens, buvons un petit verre et allons chez nous, dans le hangar. Tu sais, depuis que tu es parti, j’y suis allée, comme cela, pour pleurer, quand j’étais seule. L’herbe y a poussé, et un sorbier a envahi la porte. C’est comme une vraie chambre, à présent.
Il la suivit : pourquoi ne pas lui faire cette aumône d’un peu d’alcool et d’amour, puisque c’était fini, qu’après, il ne reviendrait plus jamais ?
Ils entrèrent au cabaret Arkhipour.
Des ouvriers buvaient, déjà ivres. Ils reconnurent Polia.
— Ah, la garce ! Dès qu’elle a un galant c’est par l’eau-de-vie qu’elle commence ! Gueule de courge trop mûre, tu bois plus qu’un charretier.
Ils criaient cela, sans animosité, pour la plaisanter. Mais elle se retourna.
— Qu’est-ce que ça vous fiche, à vous autres ? Est-ce vous qui payez ?
— Ta sœur est en maison !
— C’est une belle fille, la Lioubka !