Pour la première fois, depuis le cauchemar de sa dernière nuit à Goutouyew, Orschanow sentait le calme, et la joie de vivre renaître en lui.
Il travaillait, maintenant, avec passion, comme il faisait tout.
Cependant, ses études ne l’intéressaient plus. Il s’efforçait de croire encore à sa vocation et y parvenait à certaines heures.
Mais il y avait Véra…
Et l’image de Véra glissa dans la lueur douce du matin qui envahissait la chambre.
Elle était la force, elle était la vie. Elle portait au front comme une auréole le rayonnement de sa beauté ennoblie par la pensée.
Et Dmitri la déifiait presque, elle qu’il désirait de toute sa chair. Pourtant, cette brûlure du désir inassouvi lui était parfois délicieuse, et il s’y abandonnait.
Sans qu’il en eût conscience, c’était parce qu’il préférait tout, même la souffrance, au vide des jours ternes.
Longtemps, Orschanow resta couché, se délectant en la sensualité de son alanguissement.