— Au diable ! Est-ce que ce sont mes affaires ? Elle souffrira… soit ! mais moi, je n’en suis pas moins un cochon. J’ai frissonné désagréablement, quelque chose, une bête de nuit, inconnue, m’a pincé au cœur… Oui, oui, une jalousie de brute !

Et il cracha, s’éloignant de la fenêtre. Il prit ses cahiers, ses livres et se mit au travail avec une ardeur un peu nerveuse, cependant.

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* *

Orschanow et Véra ne se cachèrent pas. Ils s’étaient tus pourtant, le matin, mais leurs visages pâles rayonnaient de joie intérieure, et ils ne se quittaient plus une seconde.

Orschanow surtout avait changé, rajeuni, embelli, se redressant, les cheveux au vent, l’œil ravivé.

Pour la première fois depuis qu’ils vivaient là, Orschanow causa et rit, plaisantant, improvisant des vers sur la Maria, son amoureuse, lente à venir le prendre.

Et Véra, heureuse, le regardait et souriait.

Elle apprenait de lui à se donner à la joie de l’heure fugitive et à ne plus songer au lendemain qui, pour eux, ne devait pas exister.

Pourtant, en pleine griserie d’illusion, ni l’un ni l’autre ne savaient cela.

DEUXIÈME PARTIE