Orschanow était aveuglé par la colère et le désir. Ils se tordaient, l’un contre l’autre, en une lutte orageuse.

— Brute ! Lâche ! râlait Véra, pâle, avec une barre dure entre les sourcils.

Enfin, tous deux, roulèrent à terre.

Ce rut sauvage et cruel soulevait le cœur de Véra de dégoût et de honte.

Orschanow se releva. Sous sa main, le poignet droit de Véra avait saigné. Elle était pâle, elle n’avait pas répondu à son étreinte, elle lui en voulait.

Quelque chose s’était brisé.

Sans un mot, elle sortait.

Orschanow se jeta sur son lit et chassa tout souvenir, toute pensée, en un immense besoin d’apaisement.

Le lendemain, adouci, calmé, il alla s’agenouiller devant Véra, qui lisait, assise dans sa chambre. Il lui prit la main.

Puis, tout à coup, il remarqua la meurtrissure qu’il lui avait faite la veille. Alors, désespérément, il pleura.