—Votre mère, reprit Sanine, dès que le bruit des pas lourds se fut éteint, m'a dit que si vous congédiiez votre fiancé cela ferait du scandale… que j'ai en quelque sorte donné prétexte aux commérages… et que… il est de mon devoir de vous engager à réfléchir avant de repousser votre fiancé, M. Kluber.
—Monsieur Dmitri, dit Gemma en passant la main sur ses cheveux du côté de Sanine:—n'appelez plus jamais M. Kluber mon fiancé… Je ne serai jamais sa femme… Il le sait.
—Vous le lui avez dit? Quand?
—Hier.
—À lui personnellement?
—À lui personnellement… à la maison… Il est venu hier.
—Gemma! vous m'aimez donc?
Elle se tourna vers lui:
—Sans cela, serais-je ici? dit-elle.
Les deux mains de la jeune fille retombèrent sur le banc. Sanine s'empara de ces deux mains inertes qui reposaient les paumes en l'air et les pressa contre ses yeux et sur ses lèvres.