Maria Nicolaevna ne cessait de sourire, comme pour montrer qu'elle badinait. Mais Sanine n'en souffrait pas moins.

Lorsqu'il devint évident au cours de l'interrogatoire que le jeune homme ne distinguait pas assez clairement la signification des mots «nouveau partage» et «le labour», Sanine sentit la sueur humecter son front.

—Bien, c'est bien, dit Maria Nicolaevna… Je connais maintenant votre propriété comme vous la connaissez vous-même… Combien me demandez-vous par âme?

À cette époque on vendait en Russie les propriétés à tant par tête de serf attaché à la propriété!

—Mais… je suppose… pas moins de cinq cents roubles? dit Sanine avec effort.

Oh! Pantaleone, Pantaleone… Pourquoi n'étais-tu pas là pour lui crier encore: barbari!

Maria Nicolaevna leva les yeux au ciel comme si elle faisait un calcul.

—Bien! dit-elle… cela me semble raisonnable… Mais je vous ai demandé deux jours de réflexion… Et vous devez attendre jusqu'à demain… Je crois que nous nous entendrons—et alors vous me direz combien vous désirez pour les arrhes…

—Et maintenant, basta cosi! ajouta-t-elle en voyant que Sanine se disposait à lui répondre… Nous nous sommes assez occupés comme ça du vil métal… À demain les affaires! Savez-vous… Je vous rends votre liberté…

Madame Polosov consulta la petite montre émaillée qu'elle tenait dans sa ceinture.