Maintenant, s'écria Victor, en proie à une véritable démence, en route pour Sainte-R...
Le lendemain, vers midi, il arrivait à Sainte-R..., armes et bagages, et se rendait dans sa famille.
—C'est le notaire Victor Lormier qui vous fait sa première visite! dit-il, en embrassant sa mère et en serrant la main de son frère. Voyez mon diplôme! ajouta-t-il, avec orgueil... Sa mère et Jean-Charles le félicitèrent et lui firent leurs souhaits de bonheur et de prospérité.
Jean-Charles alla aussitôt lui acheter un joli pupitre, surmonté d'un casier, qu'il fit placer dans la meilleure pièce de la maison et qui devait, désormais, servir d'étude au jeune notaire. Puis sur une feuille de métal, fixée au centre de la porte, il fit peindre en lettres d'or; Victor Lormier, notaire.
Enfin, Jean-Charles fit l'impossible pour rendre la maison paternelle agréable au jeune notaire et lui offrit toutes les facilités de gagner sa vie avec sa profession.
Après avoir pris un copieux dîner, (car il avait toujours bon appétit) le jeune notaire fit sa plus belle toilette, puis, le diplôme d'une main et la badine de l'autre, il alla faire ce qu'il appelait les visites officielles de la paroisse.
Le curé Faguy fut le premier qui eut l'honneur de recevoir M. le notaire Lormier; le maire vint en deuxième lieu, et, the last, but not the least, M. de LaRue ferma, pour ce jour, la liste des heureux mortels de Sainte-R....
—J'ai bien l'honneur de vous saluer et de vous présenter mes plus respectueux hommages, M. le préfet, dit Victor, en présentant sa main gantée à M. de LaRue, qui se prélassait dans son fauteuil en lisant un journal.
—Vous êtes bien aimable, M. Lormier.. répondit le préfet en pressant la main à Victor, Comment va la santé?
—Très bonne, je vous remercie, et la vôtre, M. le préfet?