Je suis bon maintenant! se dit-il, en lançant un épouvantable juron à l'adresse de son frère! Je vais aller rencontrer l'éléphant au champ, afin que notre mère ne s'aperçoive de rien, car elle a encore l'oreille fine et l'oeil clair, la vieille sorcière!
La liqueur commençait déjà à lui monter au cerveau!
Il aborda Jean-Charles par ces mots:
—Je viens t'annoncer une nouvelle qui va te surprendre, peut-être, mais dans le monde il faut s'attendre à tout... Je vais me marier prochainement, et devine avec qui...
—Déjà? Il faut que tu aies bien confiance en ton étoile pour oser te marier si tôt...
—Je n'ai guère besoin, pour le moment, de m'occuper de la question du pain quotidien, car ma future est une riche héritière et son père l'homme le plus généreux de la création...
—Tontes mes félicitations, mon cher! Quel est donc le nom de ma future belle-soeur?
—Mademoiselle Corinne de LaRue, prononça, emphatiquement le notaire.
—Farceur, va! fit Jean-Charles on riant. On a commis l'indiscrétion de te dire que je devais épouser Corinne prochainement. Eh bien, c'est vrai, Victor; si je ne te l'ai pas dit, c'est parce que je voulais te surprendre.
—Tu as en tort de ne pas me le dire; car, moi, ignorant tes prétentions et tes démarches, j'ai voulu connaître cette jeune fille, qui, entre parenthèse, est charmante, et je l'ai demandée en mariage. De plus, j'ai obtenu le consentement de son père... je ne fais pas les choses à demi, moi!