Mais, hélas! il était condamné à la garder jusqu'à la mort, cette cruelle particule!
—Qu'allons-nous faire? demanda M. de LaRue, en s'adressant à sa femme.
A présent, il aimait à prendre conseil de sa femme.
—Ce que nous allons faire? Nous allons retourner à Montréal le plus tôt possible, afin d'être plus près de notre fille et d'avoir l'avantage de la visiter souvent. Puis, lorsqu'elle aura prononcé ses derniers voeux, si ses supérieures l'envoient à l'étranger, eh bien! nous reviendrons à Sainte-R... pour y finir nos jours.
—Très bien! ma femme; je vais mettre mes affaires en ordre, et nous partirons la semaine prochaine.
M. de LaRue voulait, avant son départ, revoir Jean-Charles, lui faire ses excuses, implorer son pardon et se réconcilier avec lui.
Il fallait aussi lui apprendre la décision de Corinne. Le malheureux père avait peine à s'y résoudre. Quel coup terrible cette nouvelle allait porter au coeur du brave garçon!
Un moment, il eut la pensée d'écrire pour éviter un entretien qui l'effrayait.
Mais comprenant que ce serait manquer de courage et de courtoisie, il se décida à aller trouver Jean-Charles, pour lui tout avouer, avec franchise et simplicité.
Dans l'entrevue qu'il eut avec notre héros, celui-ci se montra courtois, généreux, clément et courageux. Il considérait la décision de Corinne comme une inspiration du ciel, et, en bon chrétien qu'il était, il l'accepta avec une entière soumission à la volonté de Dieu.