Jean-Charles fit comprendre par des signes que la nourriture et le vêtement lui suffiraient.
—Oh! alors, repartit le vieillard en riant, vous pouvez, désormais, considérer ma maison comme la vôtre, et je saurai me montrer aussi généreux que vous êtes peu exigeant...
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La mère Kelly était une femme de talent, d'ordre et de conduite; une de ces épouses et de ces mères qui sont l'honneur et assurent la prospérité d'une nation.
Elle était l'âme dirigeante de sa maison en même temps que l'idole de son mari et de ses enfants. Non contente de faire à la perfection tous les travaux du ménage, elle se livrait encore aux utiles industries qui savent tirer parti de tout et sont une source d'épargne au foyer du paysan.
Elle tissait la toile, la laine, taillait et confectionnait tous les vêtements et la lingerie de la famille.
Gardienne vigilante de la maison, toujours occupée à un travail intelligent et profitable, elle ne trouvait de temps ni pour les promenades futiles et dissipantes, ni pour les commérages fielleux et malsains.
Et le soir, en fermant ses paupières, elle pouvait dire, avec la satisfaction du devoir accompli: «Ma journée a été bien remplie, et je la présente devant vous, ô mon Dieu!»
Grâce à ses talents et à son travail, Mme Kelly donnait aux siens tout ce dont ils avaient besoin, et augmentait chaque année le joli pécule que son mari possédait déjà et qu'il avait placé à la banque.
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