—J'admets, monsieur, que j'ai été tout cela; mais j'ai bien réfléchi depuis deux jours, et j'ai pris la résolution de ne plus boire, de travailler comme un homme de coeur, et de bien traiter mon enfant.

—Bah! ce sont des promesses d'ivrogne que tu fais là...

—Je vous assure, monsieur, que je tiendrai mes promesses. Veuillez me mettre à l'épreuve.

La père Kelly interrogea Jean-Charles du regard, et celui-ci lui fit un signe qui voulait dire: donnez-lui une chance.

C'est bien, c'est bien! dit le fermier. Viens dîner. Mais je t'avertis que si tu recommences à boire ou si tu maltraites ton enfant, je te mettrai à la porte pour toujours!

—Ne craignez rien, M. Kelly, je n'ai qu'une parole, et je vous l'ai donnée...

*
* *

L'ivrogne demeurait chez le vieux fermier depuis cinq semaines, et il avait tenu parole.

Mais il n'avait pas assisté une seule fois à la messe, ce qui chagrinait beaucoup Jean-Charles.

Le sixième dimanche, en entrant dans l'église avec l'orphelin, notre héros vit Frank O'Neil qui se tenait à genoux, à l'ombre d'un pilier, le front dans les deux mains.